La contracture de Dupuytren est une affection qui touche le tissu conjonctif situé sous la peau. Elle entraîne une cicatrisation de la peau qui, en retour, limite les mouvements et la fonction de la main. La maladie entraîne un repli des doigts vers la paume, et c’est souvent ainsi que les médecins la diagnostiquent.

Les médecins ne connaissent pas encore précisément les causes de cette maladie, mais on met en cause la génétique, puisque les antécédents familiaux jouent un rôle important. Parmi les autres facteurs de risque connus sont la consommation d’alcool et de tabac, l’épilepsie et le diabète.

 

Symptômes

La contracture de Dupuytren se caractérise par un épaississement anormal des tissus sous la paume de la main. La maladie se manifeste d’abord souvent par la formation d’un petit nodule dans la paume, généralement près de la base des doigts. La ou les bosses peuvent être sensibles mais ne sont pas douloureuses. Elles se développent également sur une plus longue période de temps.

Au fil du temps, des cordons fibreux peuvent se former dans la main. C’est ce qui fait que les doigts se contractent vers l’intérieur de la paume. Occasionnellement, les patients présentent ce qu’on appelle des « coussinets de jointure ». Il s’agit d’un épaississement de la peau sur le dessus des articulations.

Dans les cas les plus graves, les patients seront incapables d’effectuer des activités quotidiennes comme ramasser des objets ou se laver les mains. 

Il existe plusieurs facteurs de risque qui peuvent également contribuer au développement de la contracture de Dupuytren:

  • Genre
    • Les hommes développent l’affection plus souvent que les femmes
  • Origine
    • Les personnes d’origine nord-européenne (anglaise, irlandaise, écossaise, française) et scandinave sont prédisposées à développer cette maladie.
  • Génétique
  • Consommation fréquente d’alcool
  • Vieillesse
  • Diabète
  • Troubles épileptiques

 

Diagnostic

Les médecins peuvent normalement diagnostiquer la contracture de Dupuytren simplement en interrogeant le patient et en auscultant les mains du patient ; d’autres tests sont rarement nécessaires.

 

Test sur table

Le test sur table est l’un des moyens les plus rapides pour les médecins de diagnostiquer la contracture de Dupuytren. Le patient place sa main sur une table, paume vers le bas. Le médecin demande au patient de placer sa main aussi à plat que possible contre la table. S’il n’y parvient pas et si la main demeure arquée, cela peut être le signe que la contracture est bien installée. Il existe plusieurs options pour soulager les symptômes, mais dans les cas avancés, la chirurgie peut être la seule solution

 

Traitements non chirurgicaux

Radiothérapie

La radiothérapie s’est avérée efficace pour traiter les premiers stades de la contracture de Dupuytren. Bien qu’elle ne puisse pas inverser une contracture déjà présente, elle peut ralentir la progression de la maladie.

Le rayonnement est utilisé à une fréquence plus faible que pour les patients atteints de cancer afin d’atténuer les effets secondaires. Un effet secondaire courant peut être la sécheresse et l’irritation de la zone traitée. Les médecins n’ont pas non plus constaté d’augmentation significative du risque de cancer lié à ce type de traitement.

La plupart des patients passent par deux cycles de TR qui consistent en cinq traitements quotidiens ou sept doses sur une période de deux semaines. Cela dépend des besoins de chaque patient.

Injections de stéroïdes

Les corticostéroïdes peuvent soulager la douleur lorsqu’ils sont injectés dans un nodule enflammé. Dans certains cas, ils peuvent même ralentir une contracture de la main.

Injections d’enzyme

Les injections d’enzymes sont un traitement plus récent dont les résultats sont prometteurs, bien que des recherches soient encore en cours sur les effets à long terme. Une solution enzymatique contenant du collagène est injectée directement dans les nodules de la main.

Dans les 24 à 72 heures suivant l’injection, les enzymes affaiblissent et dissolvent le tissu affecté. Les patients peuvent constater une diminution de la douleur et une amélioration de la fonction de la main.

 

Quand faut-il opéré?

Si l’on attend trop longtemps pour se faire opérer, l’opération peut échouer ou nécessiter plusieurs interventions. Certains patients qui attendent trop longtemps peuvent ne retrouver qu’un usage partiel de leur main et de leurs doigts. Plusieurs techniques chirurgicales peuvent être envisagées dépendant de la localisation des cordons fibreux dans la main, de l’âge, des antécédents familiaux et de la gravité de l’atteinte.

Fasciotomie

La fasciotomie est réalisée sous anesthésie locale. Votre médecin pratiquera une petite incision dans votre paume afin de diviser les cordons épaissis. Bien que les cordes ne soient pas retirées, leur division libère la tension dans la paume. Cela permet au patient de bénéficier d’une plus grande amplitude de mouvement dans les doigts et de soulager la douleur.

Après l’intervention, la plaie est laissée ouverte pour cicatriser. Les patients devront porter une attelle pour éviter d’endommager le site de l’incision

Fasciotomie sous-palmaire

Cette procédure est plus étendue qu’une fasciotomie et tend à nécessiter une récupération plus longue. Le chirurgien peut utiliser plusieurs types d’incisions, mais il opte généralement pour une incision en « zig-zag » le long des plis naturels de la main.

À partir de là, le chirurgien retirera autant de tissus anormaux et de cordon que possible pour permettre aux doigts de se redresser à nouveau. En fonction de la gravité de l’affection, la plaie sera laissée ouverte pour guérir ou nécessitera une greffe de peau. Les patients peuvent également être amenés à porter une attelle pendant leur convalescence.

Risques

Le risque associé aux procédures ci-dessus dépend de la gravité des contractures et des antécédents médicaux du patient. Votre chirurgien discutera des risques associés à chaque procédure avant l’intervention, qui peuvent inclure:

  • Cicatrices
  • Lésion nerveuse
  • Infection si la plaie n’est pas correctement soignée.
  • Rigidité
  • Perte de sensation (parfois temporaire)

La douleur, le gonflement et la raideur sont courants pendant la convalescence. Bien que l’objectif ne soit pas de guérir mais d’améliorer la fonction de la main, certains patients peuvent avoir besoin de chirurgies supplémentaires pour obtenir des résultats optimaux.

Une fois que vous êtes autorisé, on peut vous recommander de consulter un rééducateur de la main afin d’augmenter la force de vos mains. Cela évitera les raideurs et vous aidera à retrouver votre force musculaire.

Aponévrotomie percutanée

Une méthode chirurgicale plus récente appelée aponévrotomie percutanée à l’aiguille est un traitement assez récent, mais qui présente de nombreux avantages. Elle consiste à sectionner, au moyen d’une petite aiguille, les cordons responsables de la rétraction des doigts. L’intervention est réalisée en ambulatoire sous anesthésie locale et ne nécessite aucun point de suture, de soins postopératoires ou de rééducation. Ce traitement est moins invasif, ce qui implique un très court temps d’arrêt et permet aux patients de reprendre plus rapidement leurs activités quotidiennes. L’aponévrotomie peut facilement être répétée en cas de récidive des symptômes.

Réflexions finales

La contracture de Dupuytren apparaît progressivement avec le temps, ce qui vous laisse le temps de ralentir sa progression. Bien qu’il n’existe pas de traitement curatif pour cette maladie, le fait de pouvoir soulager les symptômes et améliorer la fonction de la main contribuera grandement à améliorer la qualité de vie du patient. La reconnaissance des signes précoces est essentielle pour prévenir la perte permanente de la fonction de la main.

Maladie de Dupuytren

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